Je n’étais pas Charlie, je le suis devenue…

Bougie

Je l’avais à peine feuilleté ce canard si richement illustré, j’avais oublié à quel point ces lascars étaient définitivement engagés…

Ils avaient l’art de la caricature et de l’humour satirique, un talent rare dans cette conjoncture tiraillée entre bravoure et polémiques…

Je n’avais pas connaissance de leurs difficultés à éditer, pas mesuré l’excellence des ces acharnés de la laïcité…

Avec quelques pièces de monnaie, à peine plus de deux euros j’aurais pu moi aussi essayer de le sauver ce Charlie Hebdo…

Mais la vie est ainsi faite et je n’ai pas prêté attention à ces nombreuses têtes qui prônaient la liberté d’expression…

Ils sont morts au combat, avec pour seule arme leurs crayons, eux menacés par des fatwas et exécutés par des cons!

Ma peine est infinie pour ces nombreux innocents, pas de haine nourrie mais un constat accablant…

Je pense à toutes ces familles endeuillées, à ceux qui ont trouvé la force de témoigner avec cette grande dignité…

La lutte que nous menons doit restée ancrée dans nos mémoires, pas celle d’un culte mais d’une union déterminée à garder espoir…

Merci pour cette sublime leçon de courage, moi qui ne me pensais pas légitime de vous rendre hommage…

Je marcherai et j’allumerai plusieurs bougies, mais il est vrai qu’à jamais mon coeur restera meurtri…

Mon sac à main,

Mon sac à main 1J’ai dans mon sac quelques échantillons de parfums, larmes de senteurs  que je fais glisser aux creux de mes mains…

Un rouge à lèvres que j’hésite souvent à mettre, tant je déteste qu’il s’accroche à ma cigarette…

Des tickets de métro, lorsque loin de chez moi je pense qu’il vaut mieux faire le point place du Trocadéro…

Des cigarettes de marque américaine, que j’allume pour le shoot qu’elles me procurent à la tête…

Mon téléphone, annonciateur de nouvelles, bonnes ou mauvaises…

Mes clefs, pour rentrer dans mon cocon, mon intimité et dont les doubles n’ont jamais été donnés…

Un agenda, pour me faire croire qu’au milieu de mes rendez-vous je n’ai pas une minute à moi…

Dans mon portefeuille, des mots doux des êtres qui me sont chers, que je redécouvre parfois comme si c’était la première…

J’ai dans mon sac tout un tas de fourbi, qui finalement ne fait qu’alourdir celui-ci…

Mais ce que j’aimerai par dessus tout, c’est de pouvoir te faire le reproche d’y avoir vidé tes poches.